Béni Mellal, 30 avril 2026 – Les 29 et 30 avril, l’Agence du Bassin Hydraulique d’Oum Er-Rbia (ABHOER) a transformé la ville de Béni Mellal en grande salle de classe pour l’édition 2026 des « Classes Bleues » de son programme annuel d’éducation à l’eau.
Le bassin sort d’un épisode de déficit hydrique sévère, partiellement compensé par les précipitations récentes. Un répit qui ne doit pas tromper selon Mme Ithar Khayr Allah, Directrice de l’ABHOER qui a été est catégorique en soulignant que « Les Classes Bleues constituent une étape importante dans le programme de communication et de sensibilisation de l’Agence. C’est une étape annuelle au profit des élèves et des jeunes en général, pour nous permettre d’ancrer en eux l’idée que nous devons préserver les ressources en eau, même si actuellement il y a eu des précipitations importantes. Cela ne signifie pas que nous avons dépassé l’épreuve de la crise, car nous parlons de ressources en eau importantes et vitales. »
Pour l’Agence, « intensifier la sensibilisation reste une nécessité stratégique pour ancrer des comportements durables » et l’objectif des Classes Bleues c’est de former dès le plus jeune âge la génération qui ne gaspillera pas et cette initiative s’inscrit dans l’axe « communication et sensibilisation » du Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Irrigation 2020–2027.
Organisée en partenariat avec la Direction Provinciale de l’Éducation Nationale de Béni Mellal, l’édition 2026 a misé sur le terrain. Selon Samia Ait Omar, Directrice de la communication à l’ABHOER: « Cette visite de terrain effectuée à la station de traitement de l’eau potable de Beni Mellal est organisée par l’Agence dans le cadre de son programme de sensibilisation annuel intitulé les Classes Bleues, qu’on mène avec l’ensemble des directions provinciales de l’éducation nationale. Cette année, comme la situation de l’eau s’est améliorée, on a décidé d’organiser un ensemble de visites de terrain, d’ouvrages hydrauliques et d’établissements liés à la gestion de l’eau. » ainsi, avait-elle ajouté : « les élèves ont visité la station de traitement ; un bon exemple des efforts déployés pour fournir de l’eau potable dans de bonnes conditions à la population. Du coup, les élèves ont pu voir de près comment l’eau est traitée avant d’arriver chez eux. Ils ont aussi découvert tout le travail qui est fait pour garantir une eau de bonne qualité. Et ça, par conséquent, ça les aide à prendre conscience de l’importance de la préservation de cette ressource essentielle », ajoute Samia Ait Omar.
Temps fort de l’événement aussi: la mise en lumière du rôle de la Police de l’Eau. Acteur clé pour protéger la ressource et faire respecter la réglementation, elle a été expliquée par les élèves eux-mêmes pour les élèves à travers des mises en scène théâtrales. Infractions, autorisations et sanctions ; toutes les notions juridiques sont devenues accessibles, vivantes, marquantes.
Du côté des écoles, l’enthousiasme est palpable. Noura Al Annabi, administratrice pédagogique et stagiaire à l’école primaire pionnière Othman Ibn Affan, témoigne : « Nous sommes ravis de la campagne de sensibilisation des Classes Bleues, organisée par l’Agence du Bassin Hydraulique d’Oum Er-Rbia, en partenariat avec la Direction Provinciale de Béni Mellal. Son objectif était de sensibiliser les enfants à la valeur de l’eau, à la rareté que connaît notre pays en matière d’eau, et aussi de leur donner une idée des moyens de la préserver et d’utiliser des méthodes rationnelles. » Pour elle, le choix de cibler les enfants est stratégique : « Les enfants sont les porteurs de message qui ont le plus d’impact sur la société, car chacun d’eux transmet le message à sa manière et avec son propre style aux pères et aux mères, et cela donne au message un impact très fort sur les consciences parce qu’il vient des enfants. » Elle salue aussi la dynamique de l’établissement : « Les enfants ont toujours été créatifs, contributeurs et inspirants, y compris pour le personnel travaillant dans l’établissement. C’est grâce à l’ensemble des cadres pédagogiques, sous les orientations de Monsieur le Directeur de l’établissement, M. Mohamed Khalid, que l’activité a réussi. »
Un pacte éducatif avec la société civile et l’AREF
A souligner aussi que l’édition 2026 a franchi un cap avec la signature d’une convention de partenariat entre l’ABHOER et l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT), section de Béni Mellal avec l’idée de dépasser l’événement ponctuel pour installer un réseau d’enseignants-relais. Le représentant de l’AREF Béni Mellal-Khénifra, M. Younes Monkadi, a pour sa part mis l’accent sur l’importance du Programme des écoles écologiques actif dans les établissements scolaires, précisant qu’il est basé sur cinq axes dont l’axe important de l’eau.
Chaque geste compte pour demain
Par cette mobilisation, l’ABHOER réaffirme son engagement à faire de l’éducation environnementale un pilier de la gestion de l’eau. Car la bataille de l’eau se gagnera autant dans les barrages que dans les salles de classe. Dans un Maroc confronté à un stress hydrique structurel, Béni Mellal montre que la pédagogie est une infrastructure au même titre que les conduites et les stations. Comme le rappelle l’Agence, chaque geste en faveur de l’eau aujourd’hui constitue un investissement essentiel pour les générations de demain. Et ces deux jours l’ont prouvé : on ne protège bien que ce que l’on comprend.