IFRANE – Connue de par la richesse de son parcours et l’évolution de sa créativité, la journaliste marocaine Samira Ounabi, originaire de la Ville d’Ifrane, passe à une vitesse supérieure et franchit un nouveau cap. Cette Voix familière des auditeurs de Radio Monte Carlo Doualiya, où elle exerce depuis plusieurs années, après avoir roulé sa bosse dans plusieurs chaînes médiatiques nationale et étrangères, aborde aujourd’hui l’univers de la littérature par la grande porte.
Samira Ounabi vient de publier son premier roman intitulé « Et les jours passent », et choisit de le présenter au public lors du Salon International de l’Édition et du Livre de Rabat 2026. Ce passage de la voix radiophonique à la plume romanesque marque plus qu’un changement de support : c’est la rencontre entre l’expérience du terrain, l’écoute des histoires humaines, et le besoin de les réinventer dans la forme du récit.
Pour rapprocher notre journaliste-romancière de nos lecteurs, nous lui avons posé trois questions.
Le Journal : Votre premier roman s’intitule « Et les jours passent ». Que raconte ce titre sur le rapport au temps qui traverse votre récit ? Samira Ounnabi : Je considère cet ouvrage comme une aventure dans le domaine de l’écriture romanesque, s’agissant de ma première publication et de ma première expérience dans l’univers du roman. Le roman aborde des questions humaines et sociales issues de notre société, dans un style narratif qui mêle réalité et fiction, ainsi que la mythologie puisée dans notre culture amazighe. Ce travail réaffirme également nos constantes et nos valeurs authentiques, et notre amour inconditionnel pour la patrie.
Avec ce titre, Samira Ounnabi inscrit d’emblée son récit dans une temporalité à la fois intime et collective. Loin d’être une simple chronique, « Et les jours passent » tisse les fils du vécu marocain avec les ressorts du mythe, pour dire les transformations sociales et affectives qui traversent les individus et les communautés. Du micro au manuscrit : une transition assumée
Le Journal : Quel sens donnez-vous à cette première séance de dédicace dans votre parcours d’écrivaine ?
Samira Ounnabi : Je suis fière et honorée de participer à nouveau au Salon International du Livre, accueilli par la ville de Rabat pour son édition 2026, avec une nouvelle œuvre littéraire intitulée « Et les jours passent ». Cette participation n’est pas moins importante que mes précédentes interventions au Salon International dans divers domaines culturels et créatifs, où l’œuvre littéraire rencontre l’expérience journalistique.
Ce nouveau roman constitue une étape qualitative dans mon parcours professionnel et culturel : je passe du langage du micro, de la nouvelle et de la couverture médiatique sur le terrain – notamment dans les zones de conflits, qui constituent ma spécialité – à l’espace de la narration romanesque. Je considère cette démarche comme une expérience humaine et médiatique, vibrante de détails, d’émotions et de questions liées à la vie et aux transformations sociales et affectives.
Habituée aux reportages en zones sensibles, Samira Ounnabi transfère dans la fiction son exigence d’écoute et de précision. Le passage du reportage au roman lui permet d’approfondir les silences, les non-dits et les émotions que le rythme de l’actualité laisse souvent de côté.
Le Journal : Si ce livre ne devait toucher qu’un seul lecteur, qui serait-il et pourquoi ?
Samira Ounnabi : Oui, c’est la première école : c’est la mère. Je lui rends hommage à travers ce roman et lui renouvelle tous les mots de reconnaissance et de respect pour l’amour inconditionnel qu’elle dispense, les sacrifices innombrables qu’elle consent, et la générosité sans attente de retour.
Cette réponse clôt l’échange sur une note universelle. En dédiant son premier roman à la figure maternelle, Samira Ounabi rappelle que la littérature, comme le journalisme, puise sa force dans l’humain.