Ifrane accueille le Premier Festival National d’Astronomie Les collèges pionniers lèvent les yeux Vers le Ciel étoilé

Par Mohammed Drihem

        Ifrane, 21 mai 2026C’est sous le ciel d’Ifrane que le Maroc a officiellement ouvert, mardi 20 mai 2026, le premier Festival National de l’Astronomie, de la Planétologie et des Sciences de la Terre. Organisé par le Ministère de l’Éducation Nationale, du Préscolaire et des Sports, en partenariat avec la Fondation Attarik, l’événement se tient jusqu’au 24 mai sur le campus de l’Université Al Akhawayn, transformé pour cinq jours en capitale de la science scolaire.

Une vitrine de l’excellence des collèges pionniers

       Pensé comme une célébration de l’excellence scientifique, ce festival est l’aboutissement d’un travail mené toute l’année dans les « collèges pionniers » du Royaume. Il réunit les meilleures équipes de jeunes scientifiques sélectionnées à l’issue de compétitions locales, provinciales et régionales menées dans six régions du Maroc. Objectif affiché : valoriser les projets les plus aboutis et offrir aux élèves une scène nationale pour présenter leurs travaux devant un jury d’experts.

      «Nous sommes aujourd’hui à l’Université Al Akhawayn qui accueille le premier Festival National d’Astronomie et des Sciences Planétaires et de la Terre », a déclaré Mohamed Aamamou, chef du Centre Régional de Suivi des Projets et de l’Emploi à l’Académie et Coordinateur régional du 4ᵉ programme relatif aux Activités Parallèles. « C’est un festival dédié aux collèges pionniers. »

Lutter contre le décrochage scolaire par la science

        Ce 4ᵉ programme s’inscrit dans la Feuille de route de la réforme 2022-2026. Pour M. Aamamou, l’enjeu dépasse la simple compétition : « Comme vous le savez, le Ministère va introduire les collèges pionniers dans le domaine des activités parallèles pour les apprenants, et ce, pour lutter contre le décrochage scolaire. »

        Le festival vient donc « couronner la fin d’une année scolaire riche en apprentissages et en activités parallèles ». Pendant trois jours, les équipes finalistes défendront leurs projets : cadrans solaires, maquettes de systèmes planétaires, études de météorites..« Le Ministère veille à proposer une offre diversifiée afin de maintenir l’apprenant dans l’espace de l’établissement scolaire, de développer ses compétences de communication et de créativité, et aussi de renforcer ses apprentissages extrascolaires », souligne le responsable.

        Pour Pr Hasnaa Chennaoui présidente fondatrice de la Fondation Attarik ce festival représente le couronnement d’une année de travail de plusieurs élèves de collèges pionniers qui ont suivi un cursus le  long de l’année à raison de deux heures par semaine d’activités parascolaires.

      Ils ont appris beaucoup de choses aussi bien théoriques que  pratiques avec activités manuelles sur différentes thématiques en préparation à cette compétition organisée au niveau local, provincial et régional pour arriver à cette compétition nationale aujourd’hui ou nous avons vu des projets exceptionnels sur les cadrans solaires, l’histoire de la vie et sur le système solaire entre d’autres thèmes développés par les élèves a-t-elle conclu.

Quand la science rencontre l’imaginaire : le regard d’Amal Ayouch

        L’événement a aussi séduit le monde artistique. Présente lors de la cérémonie d’ouverture, l’actrice et conteuse Amal Ayouch n’a pas caché son émotion : « Je suis très heureuse d’être ici et de faire partie de cette magnifique manifestation organisée par la Fondation Attarik.    Je suis émerveillée par tout le travail produit par ces jeunes adolescents. Je trouve que c’est une initiative extrêmement intéressante : elle suscite leur esprit scientifique, nourrit leur curiosité et leur permet d’aboutir aux réalisations que nous voyons aujourd’hui ». »

       Pour l’artiste, qui interviendra durant le festival par la lecture d’un conte, la démarche est essentielle : « Ces cadrans solaires, et bien d’autres créations encore, sont le fruit d’un travail remarquable. Ce qui est également très intéressant, c’est que ce projet a été mené dans toutes les régions du Maroc. »

       Elle présentera aux collégiens La Météorite de Tamgourt, récit inspiré d’une météorite retrouvée en 2008 dans la région d’Aït Ben Haddou. « Je suis très curieuse de découvrir la suite, car nous n’en sommes qu’au début. Demain, toutes les créations seront exposées. » Rapprocher la science des élèves, de Tamgourt à Ifrane

       Fruit d’un partenariat entre le Ministère et la Fondation Attarik, porteuse de l’idée et du projet, le festival veut aussi désacraliser les sciences. « L’objectif, outre l’objectif éducatif, est de rapprocher les sciences des élèves et des établissements scolaires », insiste M. Aamamou. « Nous voulons des jeunes passionnés de sciences et former une génération dans ce domaine. ».

     Pour sa part, l’alpiniste marocaine Bouchra Baibanou s’est déclarée très heureuse de participer à ce festival dans lequel elle compte apporter une certaine motivation et inspiration à ces jeunes adolescents en vue de les inciter à croire en eux même et en leurs compétences. Pour elle, nos jeunes doivent savoir qu’ils peuvent toujours réaliser leurs rêves comme elle qui a pu gravir l’Everest il suffit d’y croire et de s’y attacher.   

    A noter enfin qu’il s’agit là d’un effort soutenu par plusieurs partenaires, dont l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques. L’approche se veut immersive : conférences, ateliers d’observation, et contes scientifiques pour lier imaginaire et savoir.

Trois jours pour récompenser l’innovation

        Les projets des équipes participantes ont franchi toutes les étapes de sélection avant d’arriver à Ifrane. Au terme de la compétition, deux projets seront récompensés pour leur excellence scientifique et leur créativité.

       Avec ce premier festival, le Ministère et la Fondation Attarik posent la première pierre d’un rendez-vous annuel. L’ambition : faire des collèges pionniers de véritables laboratoires de citoyenneté et d’innovation, où la lutte contre le décrochage passe par l’émerveillement face au cosmos. La cérémonie de clôture et la remise des prix sont prévues le 24 mai 2026 à l’Université Al Akhawayn.