Atlas Marathon à Aït Bouguemez : Zaid Ait Malek Oulkis et Aziza Raji sacrés sur le 42 km de la 4ème édition

Par Mohammed Drihem

      La vallée d’Aït Bouguemez, dite Vallée Heureuse dans la r province d’Azilal qui a confirmé son statut de capitale du trail écologique a vibré samedi 24 octobre 2026 au rythme des foulées de la quatrième édition de l’Atlas Marathon.

      Plus qu’une simple compétition, l’événement, niché au cœur du Géoparc Mondial UNESCO M’Goun, s’est imposé comme la grande vitrine du tourisme sportif et durable du Haut Atlas central. Cette année, ce sont plus de 500 coureurs Hommes et Femmes venus de 13 nationalités qui ont pris le départ des différentes épreuves, selon les organisateurs. Un record pour cette manifestation initiée par l’Association Heureuse et la Coopérative Heureuse pour le Tourisme Durable, avec le soutien du Conseil Régional Béni Mellal-Khénifra, de l’Association Géoparc M’Goun et du Conseil Régional du Tourisme.

Un 42 km d’exception à plus de 3000 m de dénivelé

      C’est à 8h00 précises, depuis le village d’Arguerd N’Ouzrou avec transferts organisés depuis le Campus Vivante à Ichbougane, commune de Tabant, que le départ de l’épreuve reine a été donné. Un parcours d’une extrême exigence : 42 km, 3 024 m de dénivelé positif et 3 041 m de dénivelé négatif, à travers les sentiers berbères, les champs en terrasses et les villages en pisé qui font l’âme de la « Vallée Heureuse ».

      Chez les hommes, la victoire est revenue à l’imbattable Zaid Ait Malek Oulkis en 5h07’46 », devant Abdelkarim Id Barka (5h29’22 ») et Mustapha Akhenchi (5h39’22 »).Chez les femmes, Aziza Raji s’impose avec autorité en 7h50’52 », devant l’Autrichienne Maja Dorfschmid (8h18’20 ») et Marthea Roemer (8h51’08 »).

      A 8h30, place à l’Atlas Skyrace de 27 km, nouvelle épreuve phare organisée en partenariat avec la Fédération Internationale de Skyrunning (ISF). Le tracé intégrait cette année l’ascension inédite du sommet d’Igoudamen, à 3 560 mètres d’altitude. Arrivée au sprint chez les hommes : Hamid Id Ouissaden l’emporte en 3h22’06 », avec seulement 20 secondes d’avance sur Mohamed Mouhou (3h22’26 »). Abderrahman Ayt Laarif complète le podium (3h31’23 »).Chez les femmes, un final à couper le souffle : Julia Perez Yarza s’impose en 4h40’35 », avec une seule seconde d’avance sur Paula Lopez Fores (4h40’36 »). Valentina Monica Lopez Sasián termine troisième (6h12’12 »).  

Plus qu’une course, une immersion

      Cette 4ème édition a marqué un tournant avec l’intégration de nouvelles disciplines : le Kilomètre Vertical « Bouberden », ascension chronométrée de 1000 m de D+, et une épreuve de marche nordique. Le programme s’est poursuivi dimanche 25 octobre avec les courses de 21 km et 10 km – remportées respectivement par Abdelhamid Bakhdich (1h34’56 ») et Ahmed Oulkhalfem (41’23 ») chez les hommes, et Salvia Santos (2h28’16 ») et Amina Chardoudi (1h00’07 ») chez les femmes – ainsi qu’un mini-trail de 2 km pour les enfants, destiné à sensibiliser aux valeurs du sport de montagne et au respect de l’environnement, et la cérémonie de remise des prix.

La Vallée Heureuse, laboratoire du tourisme durable

      Au-delà des chronos, l’Atlas Marathon est une formidable opération de promotion pour toute une région. Perchée entre 1800 et 2200 mètres d’altitude, dominée par le massif du M’Goun qui culmine à 4068 m, la vallée d’Aït Bouguemez s’étend sur près de 35 km et abrite 22 000 habitants répartis dans une trentaine de douars berbères. Surnommée « la Vallée Heureuse », elle contraste par sa verdure intense, ses champs en terrasses irrigués par un système ancestral de seguias, ses vergers de pommiers et de noyers et ses maisons en pisé.

      Classée site Ramsar et composante du Géoparc M’Goun, labellisé par l’UNESCO en 2015 comme premier géoparc d’Afrique et du monde arabe, elle couvre plus de 5700 km² et 15 communes. On y trouve des empreintes de dinosaures à Ibakliouen, le grenier collectif fortifié de Sidi Moussa, perché sur sa colline, classé patrimoine de l’humanité, et des paysages qui en font un véritable musée géologique à ciel ouvert.

      Ici, le tourisme se veut exemplaire : écolodges bâtis en matériaux recyclables, cultures sans pesticides, gîtes d’étape chez l’habitant, coopératives féminines. Le concept de slow tourisme semble y être né.

      Comme l’a souligné lors de la conférence de presse de Béni Mellal le 10 octobre le président Haddou Mezoun, l’objectif est clair : « Faire du sport un levier pour faire connaître Aït Bouguemez, ses atouts naturels et culturels, et stimuler la dynamique touristique et économique locale ». Une vision partagée par le Conseil Régional du Tourisme de Béni Mellal-Khénifra qui voit dans ce rendez-vous un outil de diversification de l’offre.

      Avec ses valeurs affichées – convivialité, authenticité, humilité et solidarité – l’Atlas Marathon ne se contente plus de faire courir. Il fait découvrir un Maroc authentique, préservé du tourisme de masse, accessible à 4h30 de route de Marrakech via Azilal et le col de Tizi n’Tirghit (2629 m).Rendez-vous est déjà pris pour la 5ème édition, au cœur de ce paradis vert où le dépassement de soi se mesure autant à la hauteur des sommets qu’à la richesse des rencontres.