PROJET AMUSSU : La société civile environnementale rencontre l’Etat pour enrichir la Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2026-2035

Par Mohammed Drihem

      Dans le cadre du projet AMUSSU – Programme d’appui stratégique à la société civile, cofinancé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’AESVT-Maroc avec l’appui de la Fondation COSPE et de la Fondation Migration et Développement, l’AESVT-Maroc organise les 6 et 7 octobre 2026 à Rabat un atelier stratégique sur le thème: « Plaidoyer environnemental et concertation multi-acteurs ».     

      Le point d’orgue de cette séquence sera la rencontre nationale de dialogue multi-acteurs prévue le mercredi 7 octobre 2026, au siège du Département du Développement Durable du Ministère de la Transition Energétique et du Développement Durable à Rabat qui marquera le lancement officiel de la première démarche collective de plaidoyer portée par l’ensemble des réseaux environnementaux impliqués dans le projet AMUSSU, dans sa composante biodiversité. Son objectif est d’intégrer la voix des territoires dans la future Stratégie et Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité 2026-2035 (SPANB).

      Cette initiative intervient à un moment décisif, celui de la finalisation de la SPANB 2026-2035, cadre stratégique appelé à orienter les politiques publiques du Maroc pour les dix prochaines années, en cohérence avec ses engagements internationaux en matière de biodiversité. L’enjeu est de garantir l’intégration effective des recommandations de la société civile dans ce document de référence.

      Cette démarche est le fruit d’un travail de terrain considérable qui compte douze rencontres régionales de concertation citoyenne organisées dans les douze régions du Royaume et l’élaboration de cinq dossiers thématiques de plaidoyer portés par les réseaux partenaires, à savoir :RARBA,  Réserve de Biosphère de l’Arganeraie, Réseau Cèdre de l’Atlas / Atlas Cedrus;GREPOM, ASMAPE, Khenifiss, Baie de Dakhla, zones humides, biodiversité marine et littorale, IFFOUS, RODPAL,  ANAP, oasis, sauvegarde des Khettaras et adaptation agricole, Coalition de la Montagne et le Centre Drâa-Tafilalet pour le Développement Durable.

      L’action se concentre prioritairement sur les quatre réserves de biosphère du Maroc, considérées comme des laboratoires territoriaux de transition écologique et de développement durable, en particulier la Réserve de Biosphère de l’Arganeraie et la Réserve de Biosphère du Cèdre de l’Atlas, tout en intégrant les parcs nationaux, à l’image de celui d’Al Hoceima, les zones humides en tant qu’infrastructures naturelles stratégiques pour la sécurité hydrique, ainsi que les écosystèmes oasiens.

Un programme dense et structuré

      La journée du mardi 6 octobre 2026 sera consacrée à un atelier interne de consolidation. Les réseaux y finaliseront leurs notes de position, leurs policy briefs et leurs argumentaires, identifieront les convergences entre leurs dossiers et élaboreront une stratégie et un plan d’action communs de plaidoyer.

      La journée du mercredi 7 octobre, ouverte aux institutions, constituera le temps fort du dialogue multi-acteurs. Elle s’articulera comme suit : Ouverture institutionnelle par M. Razi Bouzekri, Secrétaire Général du Département du Développement Durable, M. Mustapha Madbouhi, Point Focal National pour la Biodiversité, et M. Reda Benhima, représentant du PNUD Maroc, Présentation de la démarche AMUSSU par M. Abderrahim Ksiri, de l’AESVT-Maroc ,  Restitution des concertations citoyennes menées dans les douze régions, Contributions thématiques des réseaux AMUSSU, Dialogue multi-acteurs avec les responsables du processus national d’élaboration de la SPANB.

Une dynamique appelée à se poursuivre jusqu’en 2027

      Cet atelier ne constitue qu’une première étape. Selon la note conceptuelle des organisateurs, la programmation se poursuivra d’octobre 2026 à février 2027 à travers des démarches de plaidoyer auprès du nouveau Gouvernement et du nouveau Parlement, des cafés-talks avec les journalistes prévus le 18 novembre 2026 à Marrakech, ainsi que des concertations multi-acteurs dans les territoires.

      Cette dynamique culminera lors du Forum international de réseautage prévu les 21 et 22 février 2027 à Rabat, organisé avec le soutien de l’Union européenne. L’ambition affichée est d’instaurer une rencontre stratégique régulière et bisannuelle entre la société civile et les acteurs étatiques afin d’ancrer durablement la transition écologique.

      Le principe directeur affiché par le projet AMUSSU est clair : « Passer de dossiers thématiques séparés à une dynamique commune de plaidoyer, capable de transformer les constats et propositions des réseaux en dialogue institutionnel, en engagements mesurables et en changements de politiques publiques. »

      Sont attendus à cette rencontre les représentants du Département du Développement Durable, du Point Focal National pour la Biodiversité, du PNUD, de l’AESVT-Maroc ainsi que l’ensemble des réseaux environnementaux nationaux : RARBA, ASMAPE, RODPAL, GREPOM, Réseau Cedrus Atlantica, KHENIFISS, IFFOUS, ANAP, Baie de Dakhla, Coalition de la Montagne et Centre Drâa-Tafilalet pour le Développement Durable.