Casablanca : Une exposition d’art contemporain au féminin pluriel YEMMA : Le matrimoine amazigh au présent

Mohammed Drihem

       La mémoire se transmet dans les gestes, sur la peau, de mère en fille. C’est ce fil invisible que l’exposition YEMMA – Empreinte et transmission de mère en fille propose d’explorer, du 8 au 20 septembre 2026 à la Galerie Mine d’Art à Casablanca.

       Organisée par l’Association des Femmes pour la Culture et le Civisme (AFCC), en partenariat avec l’Association ARKANE et la Galerie Mine d’Art, et soutenue par le Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – Département de la Culture – , cette exposition collective réunit les cinq artistesAmina Sahlane, Fatna Chanane, Valérie Herbin, Nadia Ouriachi Conejo et Yasmina Ziyat.

       Au cœur de YEMMA, il y a le tatouage amazigh. Loin d’être réduit à un ornement, il est ici envisagé comme une véritable écriture corporelle. Un langage de signes porteur de mémoire, d’identité et de protection qui se transmettait autrefois de mère en fille. Chaque artiste s’empare de cet héritage à sa manière.

        À travers la peinture, le textile, le dessin ou l’installation, elles en proposent des interprétations contemporaines. Leurs œuvres ne copient pas le passé. Elles le réactivent, le questionnent et le prolongent.

        YEMMA refuse l’idée d’un patrimoine figé derrière une vitrine. L’exposition s’intéresse à ce qui circule, à ce qui bouge : ce qui se transmet, se transforme et se réinvente. Le parcours met en relation trois temps : la mémoire intime des artistes et de leurs mères, l’héritage culturel amazigh, et la création actuelle. Il en résulte un dialogue sensible entre les générations, où l’intime rejoint le collectif.

        « Porter YEMMA, c’est affirmer la place essentielle des femmes dans la transmission des mémoires, des gestes et des signes qui construisent notre patrimoine vivant », souligne Salma Ouardane, Présidente de l’AFCC. 

        « La relation mère-fille y devient un espace de continuité et de dialogue. Elle relie l’héritage immatériel aux langages artistiques d’aujourd’hui ».

      Ce projet s’inscrit pleinement dans la mission de l’AFCC qui vise à soutenir la création féminine, favoriser l’accès à la culture et à développer des espaces de dialogue autour de la place des femmes, de la transmission et du civisme.

         En donnant à voir des artistes femmes qui réinterprètent le matrimoine, YEMMA inscrit les femmes au cœur des dynamiques artistiques et sociales d’aujourd’hui.