GREPOM Organise à Ifrane un Atelier sur: Le Diagnostic de résilience pour le SIBE Aguelmame Tifounassine – la parole aux communautés

Mohammed Drihem

      Le SIBE d’Aguelmame Tifounassine à l’épreuve de la résilience. C’est tout l’enjeu de l’atelier de restitution qui s’est ouvert jeudi 17 septembre à Ifrane, dédié à l’application de l’outil Indicateurs de Résilience des Paysages de Production Socio-Écologiques (SEPLS). Un exercice identique est programmé les 24 et 25 septembre à Azilal pour le paysage du Haut Atlas Central, avant une foire des connaissances prévue les 28-29 septembre.

      Organisés dans le cadre du programme COMDEKS au Maroc, pilier opérationnel de l’Initiative Satoyama mis en œuvre avec le Small Grants Programme du FEM, ces ateliers marquent le passage du diagnostic participatif à une feuille de route territoriale qui sera intégrée dans les Plans d’Action Communaux (PAC).

COMDEKS : huit associations, deux paysages

      Pour Khadija Bouras, Directrice du GREPOM, organisation qui porte le projet au Maroc, il s’agit d’une première à l’échelle nationale : « Cet atelier entre dans le cadre d’un projet que le GREPOM porte. Nous appuyons le Small Grants Programme du FEM dans la mise en œuvre de cette initiative pour la première fois au Maroc. Au début du processus, nous avons sélectionné huit associations que nous appuyons actuellement : six associations sur le Haut-Atlas Central et deux au niveau du Moyen-Atlas, spécialement au niveau d’Aguelmame Tifounassine. » et d’ajouter qu’  « À côté de l’appui aux associations dans leurs différents projets – qui touchent l’Agdal, les PAM, la valorisation des plantes aromatiques – l’un des objectifs principaux, c’est vraiment de développer ce concept de conservation en se basant sur le paysage et une conservation communautaire. Nous avons démarré plusieurs ateliers pour leur apprendre cet outil des indicateurs de résilience. Aujourd’hui, c’est la restitution pour voir les résultats, comprendre les différences. L’objectif final, c’est de ressortir avec un plan d’action qui émane de la population locale et qui pourrait être utilisé dans leurs plaidoyers pour défendre leurs besoins et développer un développement durable ».  « Le projet arrive à échéance le 30 septembre, d’où l’importance de la phase actuelle de capitalisation qui réunira toutes les associations et les institutions à Azilal.

FMI : « Réhabiliter la cohésion sociale avant le sol »

      Au cœur du dispositif à Ifrane, l’Association Forêt Modèle Ifrane (FMI) a présenté un travail de terrain jugé exemplaire. Son trésorier, Moulay Driss Hachimi, revient sur l’approche en précisant : « Aujourd’hui nous parlons de l’indice de résilience du territoire d’Aguelmame Tifounassine. C’est une zone humide d’importance internationale qui abrite un patrimoine reconnu et une richesse paysagère exceptionnelle. Ces dernières années, suite au changement climatique et à une action anthropique intense, les terrains de parcours ont commencé à perdre leur couverture végétale, leur biodiversité et la qualité de leurs sols. Nous sommes intervenus pour réhabiliter premièrement cette cohésion sociale, réhabiliter les savoirs ancestraux de gestion des parcours. Je parle ici de la pratique de l’Agdal, ou bien de la rotation pastorale, et aussi de la restauration des parcours par la réintroduction d’espèces fourragères autochtones ».  « Les résultats sont probants : Aussi bien pour la richesse en biodiversité, la richesse en espèces, que pour la couverture en flore, c’est-à-dire la quantité de biomasse produite au profit des éleveurs, que pour la faune et les oiseaux.

      À travers les cinq axes que nous avons étudiés a-t-il ajouté, nous allons chercher quels sont les points les plus fructueux, les moins fructueux, en chercher les causes et tracer un plan d’action pour le futur. Une action environnementale ne se trace pas sur un an ou deux, elle se trace sur le moyen et long terme.

« Ibn Al Baytar : la valorisation comme levier de résilience

      Même constat pour Pr Zoubida Charrouf, présidente de l’Association Ibn Al Baytar, qui porte le second projet sur le même SIBE : »Je participe à cet atelier parce qu’on a bénéficié de l’appui du projet GREPOM pour mener un travail au niveau de la population locale, à savoir conserver et valoriser la biodiversité, créer des activités génératrices de revenus. Et dans le cadre de ce projet, on a mis en place un atelier sur les indicateurs de résilience. Et là, on est en train de voir avec l’autre association qui a travaillé sur le même territoire pour savoir si nos indicateurs sont à peu près les mêmes ou pas. Et on va prendre quelques indicateurs, on va essayer de travailler pour voir comment mettre en place des activités pour renforcer ces indicateurs et apporter un peu plus de résilience pour la population.

Une convergence qui confirme la pertinence de la méthodologie COMDEKS. Une méthodologie en 3 temps

        L’atelier d’Ifrane réunit 25 à 35 personnes représentant les quatre collèges : société civile et communautés, institutions techniques (ANEF, Agriculture, Bassin hydraulique, environnement), autorités locales et experts. Le premier Jour a été consacré à la restitution et validation collective des scores de résilience. Et la journée suivante à la co-construction en deux sous-groupes dont le premier sur la Gouvernance et gestion durable (forêts, zones humides, parcours via revitalisation de l’Agdal) et le second sur la Résilience économique (écotourisme, PFNL, PAM en mariant savoirs traditionnels et innovations).Chaque proposition est traduite en matrice opérationnelle : action, écosystème ciblé, innovation, porteur, indicateur de réussite. C’est cette feuille de route consensuelle qui fera l’objet de la capitalisation nationale lors de la Foire des Connaissances d’Azilal.