Ville d’Ifrane. Danger des chiens errants: Quand le dispensaire vétérinaire tant attendu tarde à voir le jour, la sécurité des citoyens est mise en jeu

      Un appel pressant pour diligenter la mise en service du dispensaire vétérinaire d’Ifrane, bloqué à 30% alors que les meutes prolifèrent dans la ville et sa province

Mohammed Drihem

      C’est un cri d’alarme qui monte de toutes les ruelles d’Ifrane, d’Azrou, de la périphérie et des douars de la province. La perle du Moyen Atlas, ville touristique par excellence, vit aujourd’hui sous la menace grandissante et quotidienne des meutes de chiens errants qui pullulent, se reproduisent sans contrôle, et font régner la peur au sein de la population.

      Face à ce danger réel qui menace la vie et la sécurité des citoyens, en particulier des enfants sur le chemin de l’école, des femmes et des personnes âgées, la question se pose avec acuité : Qu’en est-il du dispensaire vétérinaire d’Ifrane ? Un projet vital bloqué parait-il à 30%.

      Rappelons les faits. Dans le cadre de la Convention de partenariat historique signée en 2019 entre le Ministère de l’Intérieur (DGCT), le Ministère de la Santé, l’ONSSA et l’Ordre National des Vétérinaires, le Maroc a opéré un virage stratégique et humaniste : fin de l’abattage par armes à feu et strychnine, et adoption de la méthode TNVR (Trap-Neuter-Vaccinate-Return) : Capturer – Stériliser – Vacciner – Relâcher, seule méthode recommandée par l’OMS.

      Pour concrétiser cette stratégie, le Ministère de l’Intérieur a mobilisé une enveloppe de 80 Millions de dirhams pour la construction de plus de 20 dispensaires animaliers aux normes internationales. Or, selon le dernier point officiel présenté par le Ministre de l’Intérieur en 2025 devant le Parlement, alors que les dispensaires de Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Oujda sont à 95% de réalisation et que celui de Rabat-Salé est déjà opérationnel, ceux d’Ifrane et de Sidi Slimane stagnent à seulement 30% d’avancement précise-t-on.

      Un retard incompréhensible pour une province qui est à la fois zone touristique de premier plan, ville universitaire (Al Akhawayn) et territoire d’élevage.

Un danger sanitaire et sécuritaire avéré

      Ce n’est plus un simple désagrément esthétique. C’est un problème de santé publique et de sécurité publique avec:

  • Risque de rage : Le Maroc enregistre encore des cas de rage mortelle. Une seule morsure non prise en charge peut être fatale. Les 565 centres antirabiques du Royaume sont sous pression.
  • Agressions physiques : Des attaques en meute sont signalées tôt le matin près des écoles, des souks, des quartiers
  • Risque sanitaire : Déjections, parasites, nuisances sonores nocturnes qui portent atteinte à la qualité de vie et à l’image de marque d’Ifrane, la ville la plus propre du Maroc.
  • Impact touristique : Comment promouvoir Ifrane comme destination « zéro déchet » et ville verte si les visiteurs sont accueillis par des meutes affamées près du Lion de l’Atlas ?

Notre appel : Responsabilité partagée

      A travers cet article, nous lançons un appel solennel et citoyen d’abord uux pouvoirs publics provinciaux et communaux : A Monsieur le Gouverneur de la Province d’Ifrane, au Président du Conseil Provincial, aux Présidents des Conseils Communaux d’Ifrane, Azrou, Ain Leuh et autres … pour diligenter de toute urgence l’achèvement des 70% restants du dispensaire vétérinaire. Le financement est approuvé, le terrain est identifié parait-il. Il ne manque que la volonté d’accélérer. Ensuite aux pouvoirs sécuritaires : Sûreté Nationale, Gendarmerie Royale, Forces Auxiliaires et Bureaux Communaux d’Hygiène (BCH) pour une coordination renforcée, pour sécuriser les opérations de capture sans violence et pour faire respecter l’interdiction stricte de recapturer les chiens identifiés par boucles auriculaires jaunes et enfin ; aux citoyens : Pour adopter les gestes responsables. Ne pas nourrir anarchiquement les meutes sur la voie publique, ne pas jeter les ordures ménagères à même le sol, signaler les cas au BMH de la commune, et surtout, stériliser et vacciner ses propres chiens domestiques pour ne pas alimenter le phénomène d’errance. La stérilisation n’est pas « haram », c’est un acte de protection collective.

      Le complexe vétérinaire mobile de Kénitra, lancé comme projet pilote et déployable dans les régions sans infrastructures, pourrait être sollicité en attendant la mise en service d’Ifrane, comme solution transitoire d’urgence.

      Ifrane ne peut pas rester l’exception. La petite Suisse du Maroc mérite un traitement à la hauteur de sa réputation. La sécurité de ses enfants et la santé de ses habitants n’attendent pas. Le dispensaire vétérinaire d’Ifrane n’est pas un luxe. C’est une urgence vitale.