COP17 Biodiversité à Erevan : UICN et FFEM renouvellent leur confiance à la société civile Nord-Africaine : 2 Millions d’euros pour40 associations dont le Maroc
C’est une excellente nouvelle qui nous parvient d’Erevan en Arménie, là où se tient depuis le 19 octobre la 17ème Conférence des Parties à la Convention sur la Diversité Biologique (COP17). Une bouffée d’oxygène pour la société civile environnementale nord-africaine.
L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) viennent de signer ce lundi 27 octobre 2026, au Pavillon de l’UICN, l’accord de financement de la quatrième phase du Programme de Petites Initiatives pour les Organisations de la Société Civile d’Afrique du Nord (PPI-OSCAN 4).
La cérémonie s’est déroulée en présence de la Dre Grethel Aguilar, Directrice Générale de l’UICN et de Stéphanie Bouziges-Eschmann, Secrétaire Générale du FFEM.
Dotée de 2 millions d’euros sur cinq ans, cette quatrième phase financera les projets de conservation et le renforcement des capacités d’au moins 40 organisations de la société civile au Maroc, en Tunisie, en Libye et en Égypte.
Coordonné par le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN Med) basé à Malaga, le PPI-OSCAN n’est pas un simple guichet de subventions. Depuis son lancement en 2014 avec le soutien du FFEM et de la Fondation MAVA, il associe petites subventions et accompagnement de long terme : développement organisationnel, formation technique, mise en réseau et dialogue avec les autorités publiques.
Plus de 10 ans de résultats concrets
Le bilan des trois premières phases est éloquent : 90 OSC soutenues à travers 110 projets en Algérie, Libye, Maroc, Tunisie et Égypte. Des projets qui ont permis de protéger des espèces menacées, de restaurer des écosystèmes et de créer des retombées directes pour les communautés locales.
Mieux encore, onze ONG accompagnées par le programme sont depuis devenues Membres à part entière de l’UICN : cinq en Tunisie, quatre en Libye et deux au Maroc. C’est la preuve que le renforcement local porte ses fruits.
Au Maroc, l’exemple cité par l’UICN est celui de la coopération exemplaire entre des associations de conservation et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) en faveur des rapaces. Une démarche qui montre comment le programme rapproche la société civile des institutions publiques. En Tunisie, l’association IRADA a réussi à fédérer des organisations de toute la région autour de la conservation et de la résilience des oasis.
« Depuis 2014, le FFEM soutient, par l’intermédiaire de notre Centre de coopération pour la Méditerranée, les organisations de la société civile qui œuvrent pour la conservation de la nature en Afrique du Nord. La valeur de ce soutien va bien au-delà d’un financement : la formation et l’accompagnement sur le long terme ont permis à ces organisations de renforcer leur gouvernance, de gérer efficacement leurs ressources et de collaborer avec des partenaires de plus grande envergure », a déclaré la Dre Grethel Aguilar.
Une 4ème phase tournée vers l’apprentissage
La nouveauté de ce PPI-OSCAN 4, c’est qu’il renforce considérablement le volet développement organisationnel, avec davantage de place pour l’apprentissage entre pairs, le mentorat et la gestion des connaissances. Il consolidera aussi sa présence en Égypte après une phase pilote.
Il contribuera également à consolider Mubadarat, la nouvelle plateforme de l’UICN Med pour les OSC méditerranéennes. Une plateforme qui réunit le PPI-OSCAN et d’autres initiatives de l’UICN pour offrir aux OSC des financements, un appui technique et des occasions de peser ensemble sur les politiques publiques, au-delà des projets individuels.
« Pour cette 4ème phase, un des objectifs est d’accompagner le passage à l’échelle des solutions et des organisations elles-mêmes, ce qui nécessite de diversifier leurs sources de financement. De ce point de vue, l’initiative Mubadarat de l’UICN Med permettra un continuum de soutien aux organisations de la société civile », a précisé Stéphanie Bouziges-Eschmann.
À noter que le financement philanthropique accompagne le programme depuis ses débuts. La Fondation MAVA, co-financeur historique aux côtés du FFEM, passe désormais le relais à une fondation suisse, illustrant comment financement public et philanthropie privée peuvent s’unir au service de la conservation.
Pour les associations de la Réserve de Biosphère du Cèdre de l’Atlas – Atlas Cedrus, du Val d’Ifrane, et pour tout le tissu associatif environnemental de la région Fès-Meknès, ce nouvel appel à projets qui s’annonce est une opportunité à saisir à bras ouverts. C’est le moment de transformer les petites initiatives locales en solutions de grande envergure pour la biodiversité.