Ifrane abrite une journée scientifique sur : « Eau – Forêt – Biodiversité » : Vers une nouvelle gouvernance du Parc National face aux défis climatiques

Mohammed Drihem

Ifrane : Sous le thème « Eau – Forêt – Biodiversité », l’Association Forum d’Ifrane pour le Développement et la Culture a organisé ce lundi 27 juillet 2026 une journée scientifique au cœur du Moyen Atlas.

      Cette rencontre, qui s’est tenue au Centre des conférences et de formation des cadres, a réuni chercheurs, experts, institutionnels et représentants de la société civile pour débattre des voies d’une gestion durable des ressources du Parc National d’Ifrane, véritable « château d’eau » du Maroc.

Un programme scientifique en 4 temps forts

      La journée a débuté par l’accueil des participants, suivi de la lecture de versets du Saint Coran, de l’hymne national et du mot de bienvenue du Président de l’Association Forum d’Ifrane pour le Développement et la Culture AFISED l’organisatrice prononcé par le Vice-Président Abdelali Adnane..

      Quatre communications ont ensuite rythmé la matinée commençant par « Quelle gouvernance pour concilier les exigences de préservation des ressources en eau, des forêts et de la biodiversité, et les enjeux du développement local dans le contexte des changements climatiques au Parc National d’Ifrane » exposé par M. Mohamed Rebi, expert en environnement et ancien Chef de la Division des Parcs Nationaux à l’Agence Nationale des Eaux et Forêts.11h25, « Province d’Ifrane : Château d’eau et foyer de biodiversité au cœur du Moyen Atlas » présenté par Mme Oumaima Seddiki, Ingénieure au Parc National d’Ifrane,

« Le système de l’Agdal marocain : une pratique ancestrale de préservation de la biodiversité – Expérience de l’Association ‘La Forêt Modèle’ d’Ifrane » communiqué par le Professeur Hassan Abba, professeur et chercheur en biodiversité. L’expert a insisté sur la valeur des « savoirs traditionnels premiers » comme levier de préservation face aux pressions que subit la biodiversité dans le Parc National d’Ifrane, le Parc National de Khénifra et le parc du Haut Atlas Oriental. Il a également mis en avant la création de l’association du Réseau « Atlas Cedrus », une initiative nationale visant à valoriser les produits du terroir et à réduire les pressions sur l’écosystème et enfin: « L’Eau, pilier essentiel du développement durable. La Police de l’Eau au Maroc : Gouvernance et Efficacité » présenté *par Mme Zineb Belghyti, experte en Police de l’Eau.

      La matinée s’est poursuivie par une discussion générale avant la lecture des recommandations clés pour protéger le « poumon vert » du Maroc que Mme Khadija Aït Kaddour, Cheffe du Service de l’Environnement de la Province d’Ifrane, a lu et qui visent à « renforcer le dialogue et les efforts visant à protéger les ressources naturelles et à réaliser un développement durable au niveau du Parc National d’Ifrane » :

  • Gouvernance environnementale intégrée : Coordonner l’action des institutions et fonder les décisions sur des données scientifiques, avec des mécanismes de suivi efficaces.
  • Approche participative et durable : Impliquer tous les acteurs et les populations locales, et mettre en place des financements pérennes pour les initiatives environnementales.
  • Intégration du climat : Intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans les politiques publiques et l’aménagement du territoire pour renforcer la résilience des écosystèmes.
  • Réduction des pressions : Limiter l’extension des cultures intensives, le surpâturage et l’exploitation non durable des forêts, en particulier dans les zones humides classées Ramsar, afin de préserver les nappes phréatiques.
  • Sensibilisation et valorisation du patrimoine : Renforcer l’éducation environnementale, notamment sur les menaces comme l’alimentation des animaux sauvages. Valoriser les initiatives traditionnelles, en tête desquelles le système « Agdal », en le combinant aux techniques modernes de recherche et d’innovation pour promouvoir l’écotourisme.
  • Sécurisation de la ressource en eau : Renforcer l’efficacité de la Police de l’Eau, adopter des outils modernes de surveillance et de suivi, et mobiliser davantage de moyens humains et logistiques avec l’implication de la société civile.

      En réunissant savoirs scientifiques et savoirs ancestraux, cette journée d’Ifrane se veut une étape décisive pour repenser la gouvernance d’un territoire stratégique, à la fois réservoir de biodiversité et baromètre des impacts du changement climatique au Maroc.