L’eau se fait de plus en plus rare, les forêts de cèdre continuent de dépérir et les nappes du Moyen Atlas sont sous pression. Face à cet état critique, le centre des conférences de la Ville d’Ifrane accueillera lundi 27 juillet 2026 une journée scientifique sous le thème « L’eau, finalité et biodiversité », organisée dans le Cadre du Festival International d’Ifrane et ce ; au cœur de la province d’Ifrane et du Parc National d’Ifrane – PNI.
Cette rencontre aura pour ambition de dresser un diagnostic partagé et de proposer des réponses concrètes pour concilier la préservation des ressources naturelles avec les impératifs de développement local, dans un contexte marqué par les dérèglements climatiques.
Ifrane, un château d’eau à protéger
Les travaux s’ouvriront sur le rappel du rôle stratégique de la province. Ifrane constitue en effet un réservoir de biodiversité unique et la principale zone d’alimentation en eau du bassin du Sebou. Mais ce patrimoine sera au centre des débats, car la baisse des précipitations, la surexploitation des eaux souterraines et la dégradation des écosystèmes forestiers fragiliseront davantage l’équilibre écologique de la région dans les années à venir.
Lors de cette rencontre scientifique ; M. Mohamed Ribi, expert en environnement et ancien Chef de la Division des Parcs Nationaux à l’Agence Nationale des Eaux et Forêts, présentera une communication sur « la gouvernance à mettre en place pour concilier la préservation des ressources en eau, des forêts et de la biodiversité avec les enjeux du développement local au sein du PNI ». Il plaidera pour une gestion intégrée et participative
Savoirs ancestraux et police de l’eau au cœur des débats.
De son côté ; Mme Oumaima Sedki, ingénieure au Parc National d’Ifrane, reviendra sur la place d’Ifrane en tant que « réservoir d’eau et de biodiversité au cœur du Moyen Atlas » et sur les défis qui attendent le Parc .La dimension des savoirs traditionnels sera mise à l’honneur avec le Professeur El Hassan Abba enseignant-chercheur en biodiversité. Il abordera « le système de l’Agdal marocain » comme pratique ancestrale de préservation.
L’expérience de l’Association « Forêt Modèle » d’Ifrane servira d’exemple pour montrer comment ces méthodes communautaires pourront contribuer à régénérer les écosystèmes.
La question de la régulation sera également traitée par Mme Zineb Belghiti, cadre à la Police de l’Eau, qui s’exprimera sur « l’eau, enjeu majeur du développement durable : la police de l’eau au Maroc, la gouvernance et l’efficacité ». Elle insistera sur la nécessité de renforcer le contrôle pour lutter contre les prélèvements illégaux.
Des recommandations et une exposition pour mobiliser
La journée se clôturera par un débat ouvert au public, suivi de la lecture des recommandations. Les participants formuleront des propositions concrètes portant sur la reconstitution forestière, l’économie d’eau en agriculture, la sensibilisation et le renforcement du rôle de la société civile.
Une visite de l’exposition écologique sera également organisée au siège de la Délégation Provinciale du Tourisme, afin de rapprocher la science des citoyens et de valoriser les initiatives locales.
À travers cette journée, les organisateurs lanceront un appel : la préservation du Parc National d’Ifrane ne sera plus une option. Elle deviendra une urgence nationale pour garantir l’avenir des cèdres millénaires, des zones humides et des sources du Moyen Atlas.