Le Géoparc mondial UNESCO M’Goun revalidé à l’unanimité pour 2026-2030: « Une consécration internationale pour le premier Géoparc d’Afrique et du Monde Arabe »
À l’occasion des travaux de la 11ème session du Conseil mondial des Géoparcs de l’UNESCO, tenue à Paris du 2 au 4 novembre 2026, une excellente nouvelle est venue couronner des années d’efforts collectifs : le Géoparc mondial UNESCO M’Goun a été revalidé à l’unanimité des membres du Conseil pour la période 2026-2030.
Cette décision intervient dans le cadre de l’examen des rapports des évaluateurs concernant les 61 Géoparcs mondiaux UNESCO ayant fait l’objet de missions d’évaluation entre juin et août 2026. Une revalidation qui confirme la pertinence du projet territorial et la qualité de sa gouvernance.
Une réussite collective au service du territoire
Selon l’Association Géoparc M’Goun, cette distinction est le fruit d’une mobilisation exemplaire impliquant les autorités territoriales et les collectivités locales, sous l’impulsion de Monsieur le Wali de la région Béni Mellal-Khénifra, du Président du Conseil régional, du Gouverneur de la province d’Azilal, du Président du Conseil provincial d’Azilal, du Président du Groupement des collectivités territoriales du Haut et du Moyen Atlas, ainsi que des présidents des quinze communes relevant du territoire du Géoparc.
Elle témoigne également de l’engagement des agents d’autorité, des membres de l’Association Géoparc M’Goun, de son comité scientifique et de ses partenaires de premier rang.
Une mention particulière est adressée aux acteurs de terrain qui font la vitalité quotidienne du territoire : les coopératives locales, les médiateurs du patrimoine, les propriétaires de gîtes, les guides de montagne et des espaces naturels, le Club Géoparc M’Goun des sports nautiques et de montagne, l’ASVET de Demnate, l’École vivante, la Fondation nationale des musées, le complexe Amazare, la Société Régionale Atlas pour le Tourisme, les conseils régional et provincial du Tourisme, et l’ensemble des habitants des provinces d’Azilal et de Béni Mellal.
M’Goun : Plus qu’un label, un territoire de 200 millions d’années d’histoire
Au-delà de l’aspect administratif, cette revalidation met en lumière un patrimoine exceptionnel à l’échelle planétaire. Créé en 2004 suite à une convention-cadre entre la région Tadla-Azilal et l’Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc (APPGM), labellisé par l’UNESCO le 22 septembre 2014 à Stonehammer Geopark au Canada, le M’Goun est devenu le premier Géoparc du Maroc, d’Afrique et du Monde Arabe à intégrer le Réseau mondial qui compte aujourd’hui 195 Géoparcs dans 48 pays. Il est appelé à constituer le chef de file du futur Réseau Africain des Géoparcs.
S’étendant sur plus de 5.700 km², entre Béni Mellal au Nord et la crête de l’Ighil M’Goun (4 068 m) au Sud, et englobant 15 communes (Azilal, Demnate, Tilouguite, Zaouit Ahansal, Tabant, Aït M’Hamed, Aït Taguella, Agoudi N’Lkheir, Aït Abbas, Aït Bou Oulli, Aït Blal, Sidi Boulkhelf, Tifni, Anergui et Boutferda), le géoparc M’Goun témoigne de plus de 200 millions d’années d’histoire de la Terre.
Un inventaire de géosites d’intérêt mondial
Selon l’UNESCO et les travaux scientifiques, le territoire est un véritable paradis des géologues :
Le patrimoine paléontologique : La région est mondialement réputée pour ses empreintes de dinosaures, notamment Megalosauripus, dinosaure bipède du synclinal d’Iouaridène, et les Dromaeosauridae à plumes découvertes sur le géosite d’Aït Blal. À Ibaqualliwn dans la Vallée Heureuse d’Aït Bouguemez, des dalles calcaires conservent des traces jusqu’à 60 cm de diamètre datant du Jurassique inférieur, dont une piste remarquable de 12 empreintes consécutives d’un même animal.
Le patrimoine géomorphologique : La majestueuse Cathédrale de Mastfrane / Imsfrane, falaise de grès de 300 mètres de haut dominant la vallée de l’Assif Ahansal, le cirque rocheux de Taghia, le paléo-barrage de Tizi-n-Tighza, les gorges d’Ikiss, les badlands d’Aït Bou Oulli.
Le patrimoine hydrique : Les Cascades d’Ouzoud sur l’Oued El Abid, le Pont naturel d’Imin Ifri, le lac de Bin El Ouidane, et les lacs enchanteurs d’Isli et Tislit, dont des recherches maroco-italiennes suggèrent une formation par impact de météorite.
Le patrimoine culturel Amazigh : Les greniers collectifs de falaise d’Aoujgal et de Sidi Moussa, les kasbahs de Zaouiat Ahansal, les gravures rupestres de Tizi n’Tirghist, ainsi que des ressources minières (cuivre, zinc, barytine, fer) et une biodiversité avec 5 SIBE et 3 sites RAMSAR.
Le musée du Géoparc d’Azilal, véritable vitrine pédagogique, conserve le squelette monumental de l’Atlasaurus Imelakei découvert à Tilouguit et retrace la vie de la Terre depuis sa création.
Un label au service du développement durable pour 2026-2030
Comme le souligne le communiqué, l’ambition pour la nouvelle période est de faire du label UNESCO une véritable marque territoriale et un levier de développement. Il s’agit de renforcer l’attractivité en développant une destination fondée sur la valorisation du patrimoine géologique, naturel et culturel amazigh, tout en favorisant la convergence des politiques publiques pour un tourisme culturel, écologique et durable.
Cette dynamique vise également à promouvoir l’économie sociale et solidaire, soutenir les initiatives locales, développer les infrastructures, renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques et aux risques de catastrophes, et consolider la place de la géo-éducation et de la recherche scientifique.
Comme le rappelle la définition UNESCO, les Géoparcs sont des zones où les sites d’importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d’éducation et de développement durable.
Cette revalidation est donc avant tout, comme conclut l’Association, celle d’un territoire, de ses femmes et de ses hommes, de son patrimoine exceptionnel et de sa volonté de construire un avenir durable, solidaire et résilient.