Dans le cadre de l’Initiative Proactive de soutien au programme COMDEKS au Maroc, le PNUD / Programme de Micro-financements du FEM (SGP) et l’association GREPOM-BirdLife Maroc ont organisé deux journées consécutives de travail et de capitalisation, les 28 et 29 septembre, à l’Espace « Marché Solidaire d’Azilal », sous le thème « Capitaliser sur les solutions locales pour inspirer les politiques territoriales et nationales de résilience ».
Ces deux journées ont réuni les huit associations porteuses de projets des deux paysages cibles du programme : le Haut Atlas Central et le lac d’Aguelmams Tifounassine dans le Moyen Atlas
Du diagnostic partagé au plan d’action paysage
La première journée a été consacrée à la restitution des résultats de l’application de l’outil des indicateurs de résilience socio-écologique et à l’élaboration du plan d’action pour le paysage du Haut Atlas Central. Ce territoire, considéré comme l’un des exemples les plus représentatifs des Paysages de Production Socio-Écologiques [SEPLS] au Maroc, fait face à une triple crise : rupture des équilibres socio-écologiques, menace sur la biodiversité et les services écosystémiques, et érosion des savoirs traditionnels.
Après un diagnostic préalable mené par chaque association sur son territoire, l’atelier a permis de mettre en commun les résultats, de valider collectivement l’évaluation de la résilience co-construite avec les communautés, et de co-construire une feuille de route territoriale.
Les travaux se sont articulés autour de trois temps forts : l’accueil et le cadrage de la démarche Satoyama, la présentation et la validation du plan d’action du paysage Haut Atlas Central, et la validation de la matrice de pérennisation post-projet du Comité de Paysage Multipartenaire, incluant les priorités, les responsabilités et les mécanismes de suivi-évaluation.
La Foire des Connaissances, vitrine des solutions concrètes
La seconde journée a pris la forme d’une Foire des Connaissances et de Capitalisation du programme COMDEKS Maroc. Ouverte en plénière, elle a démarré par une séquence stratégique intitulée « Talk-Show des Paysages », consacrée aux Plans Paysagers de Résilience. Cette séquence a combiné une interview flash sur l’apport de l’approche paysage SEPLS aux objectifs territoriaux et nationaux, et des présentations croisées des plans de résilience élaborés pour Azilal et Ifrane.
La foire a ensuite permis de présenter les résultats concrets des huit projets associatifs soutenus, à travers des stands de démonstration concernant la production de biochar et charbon vert, les fours améliorés, le vinaigre de bois comme biopesticide naturel, la réhabilitation de séguias et matfias, l’apiculture, et l’écotourisme solidaire.
Leurs déclarations
Badia Sahmy, Coordinatrice Nationale du Programme de microfinancements du FEM / PNUD : « Nous sommes un programme du Programme des Nations Unies pour le Développement qui travaille avec les communautés locales et la société civile pour développer des projets locaux qui contribuent à la conservation des ressources naturelles, mais aussi au soutien des moyens de subsistance et au renforcement de capacités.
Aujourd’hui, nous sommes dans la région d’Azilal parce que le programme soutient les organisations communautaires de base pour développer leurs propres solutions de résilience.
Khadija Bourass, Directrice exécutive du GREPOM-BirdLife Maroc, partenaire national : « Aujourd’hui, nous avons mené l’atelier de restitution sur l’outil des indicateurs de résilience réalisé sur le paysage du Haut Atlas Central. Cet exercice, mené avec la contribution des associations locales, a abouti à un plan d’action du paysage. Ce plan va être utilisé par les communes avec lesquelles nous avons travaillé pour plaider et pour réaliser des activités durables, génératrices de revenus, et pour résoudre un certain nombre de problèmes liés au changement climatique. Ce travail s’inscrit dans le cadre du programme COMDEKS, Initiative Satoyama. »
Saïd Zelmad, Directeur exécutif de l’Association Forêt Modèle d’Ifrane : « Aujourd’hui, nous sommes là pour la restitution des projets de restauration écologique d’Aguelmam Tifounassine. Nous avons participé à cette rencontre pour capitaliser les acquis de ces projets au niveau des provinces d’Ifrane et d’Azilal, présenter les résultats et échanger avec les communautés d’Azilal. Nous passons du diagnostic partagé à l’action collective.
Hamid Oumnioui , Coordinateur de trois associations locales dans le Haut Atlas Central : « Nous travaillons sur la lutte contre les maladies des cultures en utilisant des produits naturels comme le vinaigre de bois et le biochar. Ces produits sont issus de nos fours améliorés. Ils servent aussi pour le chauffage et surtout, ils n’ont aucun effet négatif, ni sur la santé humaine, ni sur la nature. C’est une solution locale, écologique et économique. »
M. Benhamou, AESVT section de Tadla : « À travers ce programme, nous essayons de valoriser nos trésors cachés des grottes de la région d’Ait Mhamed et de promouvoir le développement durable dans la zone clé pour la biodiversité d’Oued Lakder-Ahebsal et ce, tout en créant des opportunités pour les jeunes. Nous avons organisé plusieurs ateliers de formation au profit de plus de trente jeunes qui ont reçu des certificats. Grâce à ces acquis, ils pourront créer leurs propres activités génératrices de revenus au profit de la région. »